Distinto Amanecer
Une aube différente
Un film de Julio Bracho
SYNOPSIS
Sur ordre du gouverneur Vidal, un dirigeant syndical est assassiné au centre de tri postal de Mexico. Son camarade, Octavio, parvient à s’échapper, mais il est poursuivi par des agents secrets lancés à ses trousses. Il se réfugie dans un cinéma où il rencontre par hasard Julieta, son amour de jeunesse. Cette dernière mène désormais une existence misérable, aux côtés d’un écrivain raté qui était autrefois l’ami d’Octavio. Le couple décide d’aider le fugitif à empêcher que des documents compromettants tombent entre les mains des hommes du gouverneur.
Avec Andrea Palma, Pedro Armendáriz, Alberto Galán
Mexique, 1943, 1h46, Visa en cours
SORTIE NATIONALE LE 14 JUIN 2023
TÉLÉCHARGEMENT
À PROPOS
Œuvre majeure de la filmographie de Julio Bracho – il s’agit seulement de son 4e long métrage –, Distinto Amanecer figure parmi les titres essentiels de l’histoire du cinéma mexicain. Souvent considéré comme l’un des premiers films noirs produits dans ce pays, le film se distingue avant tout par sa singularité, qui lui fait échapper aux conventions d’un genre particulier, et même d’un mélange des genres, si fréquent au Mexique. Certes, tous les ingrédients du film noir sont réunis : le crime, l’amour, la nuit, le des-
tin… Pourtant, Julio Bracho dépasse les clichés pour nous conter un amour contrarié sur fond de luttes clandestines et d’opposition politique. Deux ans avant Crepúsculo, Distinto Amanecer raconte déjà les retrouvailles improbables, dans la salle de projection puis les toilettes d’un cinéma, d’un homme et d’une femme qui se sont aimés en secret et que la vie a séparé. À la différence de Crepúsculo, cette réunion n’a rien de funèbre. Elle marque au contraire le début d’une renaissance, du retour de l’espoir et de la dignité, après des années de déchéance et une longue nuit d’angoisse. La ville nocturne est la principale protagoniste de Distinto Amanecer. Bien que plusieurs séquences en intérieur trahissent l’origine théâtrale du projet – une pièce inédite de Max Aub –, le film propose un voyage dans les bas-fonds de Mexico, ses ruelles sombres, ses immeubles miteux aux cages d’escalier menaçantes et ses cabarets enfumés, superbement photographiés par Gabriel Figueroa, maître du clair-obscur, capable de transfigurer des décors naturels.
« Au-delà de sa brillance formelle, le film est surtout notable pour la virulence de sa charge contre le gouvernement mexicain de l’époque. Dès la fin du générique, un carton informe le spectateur que le conflit dramatique qui va suivre est universel et pourrait se dérouler n’importe où dans le monde contemporain. Cette précaution inaugurale, sans doute rassurante pour la censure, ne trompe personne. Il est évident que le film dénonce la corruption qui gangrène les instances dirigeantes du pays. Les espions et agents du gouverneur qui traquent Octavio sont décrits comme des gangsters dont ils partagent l’accoutrement et les méthodes expéditives. Octavio est interprété par Pedro Armendáriz, star du cinéma mexicain et acteur fétiche d’Emilio Fernández. Armendáriz connut une carrière internationale, et apparut dans des films signés par John Ford, Michael Curtiz, Christian-Jaque… Se sachant atteint d’un cancer, il se suicide en 1963 après avoir joué dans Bons Baisers de Russie de Terence Young. Andrea Palma (dans le rôle de Julieta), une des actrices les plus populaires au Mexique, était la sœur du réalisateur Julio Bracho, qui la dirigea à plusieurs reprises. »
OLIVIER PÈRE



