Dario Argento, soupirs dans un corridor lointain

DARIO ARGENTO, SOUPIRS DANS UN CORRIDOR LOINTAIN

 Un film de Jean-Baptiste Thoret

 

France, Documentaire, 2019,  1h37, Couleur/noir et blanc, Vostfr, Format : 2.35

 

AU CINÉMA LE 3 JUILLET

 

Ecrit par Jean-Baptiste Thoret. Image : Laurent Brunet. Musique originale: Jean-Baptiste Thoret. Montage : Paul Gauthier/David Parra Braceli. Production : Aqua Alta /Les Films du Camélia / Ciné +

 

Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointaincale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail (on le découvre sur le tournage du Sang des innocents), ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

 

Né en 1969 à Paris, Jean-Baptiste Thoret est réalisateur et historien du cinéma. En 2017, il réalise Blew It, sélectionné au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Ancien critique de cinéma (Charlie Hebdo, France Inter, France Culture), il est l’auteur d’une douzaine de livres sur le cinéma, parmi lesquels Le Cinéma américain des années 1970, Dario Argento, magicien de la peuret Michael Cimino, les voix perdues de l’Amérique. Il dirige la collection Make My Daychez Studio Canal.

 

Filmographie

2016 : En ligne de mire (TV).

2017 : We Blew It.

2018 : 86 Printemps, Jean-Luc Godard.

2019 : Dario Argento, soupirs dans un corridor lointain.

 

Le professeur

 

 

Un film de VALERIO ZURLINI

Avec Alain Delon, Sonia Petrovna, Léa Massari, Alida Valli, Renato Salvatori, Giancarlo Giannini

 

Italie/France, 1972, 2h07, DCP

Visa : 39684

VERSION  INTÉGRALE INÉDITE

RESTAURATION 4K

SORTIE LE 12 JUIN

Daniel, un professeur de littérature remplaçant est nommé pour quelques mois dans un lycée de Rimini. Passionné de lettres mais peu soucieux des convenances de sa profession, il s’adonne à sa tâche sans grand entrain.
Il remarque vite Vanina, l’une de ses élèves, aussi fragile qu’attirante, et décèle en elle une blessure secrète.
Intrigué et séduit par la jeune femme, Daniel délaisse sa femme Monica, se précipitant sans le savoir vers un destin tragique…

 

« Un drame passionnel superbe et envoutant »

 

 

Dans ce film d’amour hanté par l’échec, Alain Delon tient l’un de ses plus beaux rôles. Dans un Rimini brumeux, il déambule, mal rasé et dissimule une douleur derrière un regard froid. Un descendant moderne de la famille du Guépard de Visconti : aristocrate déchu et désappointé, professeur sans illusions dans une société qu’il ne comprend plus.

 

Disperata

  UN FILM DE EDOARDO WINSPEARE

 

Avec Gustavo Caputo, Antonio Carluccio, Claudio Giangreco, Celeste Casciaro, Davide Riso

Italie, 2017, 1h50, DCP

 

SORTIE LE 24 AVRIL

MOSTRA DE  VENISE 2017

 

À Disperata, un village abandonné au fin fond des Pouilles dans le sud de l’Italie et dont le nom est déjà un triste présage, le maire, au tempérament mélancolique, ne se sent pas à la hauteur de son rôle. Il doit faire face à l’opposition pugnace d’affairistes qui voudraient bétonner le front de mer.

Seule sa passion pour la poésie et la littérature lui apporte du réconfort jusqu’à sa rencontre avec deux frères, minables malfrats, joyeux malandrins, qui à leur manière aideront le maire à se ressaisir.

« Disperata, le village où la tragédie ne peut que devenir comédie ! 

 

 

NOTES DU RÉALISATEUR

Disperata est l’histoire d’une amitié hors du commun entre deux petits délinquants et un homme attentionné, timide et dépassé par son travail de maire de la ville de Disperata.Cette relation insolite révèlera la renaissance de l’esprit communautaire du village.Le titre a en fait une double signification: politique et sociale.

Le mot « comune » est un nom qui désigne l’endroit où se réunit le gouvernementlocal de la petite ville Salentine de Disperata. Par ailleurs, « comune » est aussi un adjectif qui décrit la vie en commun partagée par une communauté où la ville devient le véritable protagoniste du film dans lequel les personnages principaux nous guident dans leurs tentatives maladroites de réaliser des projets «fondamentaux» ensemble.

J’ignore si je dois décrire ce film comme un drame au ton léger ou une comédie aux accents tragiques. Je préfère y voir une histoire racontée par des voix collectives où les personnages croient fermement, malheureusement parfois, en ce qu’ils font.

Disperata ne cherche pas à séduire le spectateur par des quolibets ou des gags, et jamais ce que l’on nomme « les perdants » n’est  tourné en dérision.Le film évite d’être malveillant ou critique et tente de plonger le spectateur dans un monde à la fois réel et féerique en racontant l’histoire d’un groupe de personnages qui, bien que fantaisistes, sont également crédibles comme habitants d’une petite ville du sud-est de l’Italie.

La ville de Disperata est située dans le fin fond de l’Italie, où la distance qui la sépare des centres de pouvoir crée des personnages originaux sans  «  fonction ».Les ambitions et les rêves des différents personnages partagés entre ceux qui désirent  devenir les chefs de gang de l’une des villes les plus pauvres des Pouilles, ceux qui souhaitent sensibiliser les détenus à la poésie, d’autres qui veulent devenir matons ou encore ceux qui attendent anxieusement un appel du pape pour construire désespérément un zoo, sont le reflet d’une vision de la vie où ces derniers ne sont pas les héros légendaires plébiscités par le monde entier.

A travers leur histoire, nous découvrons que ces rêveurs sont des prophètes qui annoncent quelque chose qui arrivera.Ce film c’est donc aussi l’histoire de prophètes tristes et négligés, envahis de craintes et de fragilité.

Le village de Disperata existe, il s’appelle « Depressa » et c’est la ville où j’ai grandi. Son nom est un présage, il parle de lui-même. L’air que vous respirez dans ce village, ressenti dans le film, est celui d’un lieu éloigné du monde, une sorte d’Amérique du Sud méditerranéenne qui ne manque ni de mérites ni des défauts d’une ville italienne : un sens profond de l’humanité, mais aussi une forte fragmentation politique, un manque d’esprit communautaire et une religiosité non critique.

Les sentiments qui accompagnent les personnages sont très chaleureux, voir tendres, empreints d’une ironie affectueuse. Il n’existe pas de héros anti-mafia ni d’escrocs méprisables, mais plutôt des hommes et des femmes pleins de contradictions.Le paradoxe de ce film provient du fait que la profanation du pouvoir politique et du pouvoir religieux n’est pas issu de la satire, mais de la redécouverte du caractère sacré du bien public et de la spiritualité.Bien que cette histoire décrive la manière dont la politique en Italie est souvent une compétition entre factions et comment chacun de nous est déchiré par des préjugés idéologiques et sociaux, le ton n’est pas amer – si je puis dire, c’est poétique, la vie de ces personnages rêveurs est la poésie elle-même.

Nous sommes La vita in comune(La vie en commun),des gens misérables et généreux, lorsque nous décidons de faire partie d’une communauté, essayant peut-être même de rêver…

Edoardo Winspeare

 

 FILMOGRAPHIE

 Edoardo Winspeare est né le 14 septembre 1965.

Depuis 1987, il travaille dans le cinéma, d’abord comme étudiant à la Hochschule für Film und Fernsehende Munich (école de Wenders, Edel, Reitz, Kaurismaki, Emmerich, Petersen et Henkel von Donnersmark), puis comme réalisateur de films et documentaires, courts métrages, clips vidéo et publicité.

En 1995, Pizzicataest présenté au Festival du film de Berlin. Il rencontre un grand succès à l’étranger, notamment en France et aux États-Unis, ainsi que dans les 26 pays où il est distribué.

En 2000,Live Blood (Sangue Vivo)est lauréat du Festival du film de Saint-Sébastien(Nuevos Directores), reçoit 4 Grolle d’oro, et il s’agit surtout du premier film italien présenté au Festival de Sundance.

En 2002, Il Miracolo (Le miracle) est sélectionné au Festival international du film de Venise.

En 2007, Galantuomini est montré au Festival du film de Rome.

En 2009, le documentaire Sotto il Celio Azzurroest présenté au Festival du film de Rome.

En 2014, Quiet Bliss (In Grazia di Dio) est sélectionné au Festival du film de Berlin. Il rencontre un grand succès en Italie et à l’étranger.

 

Rétrospective Dario Argento – Partie 2

SORTIE LE 3 JUILLET 

 

4 MOUCHES DE VELOURS GRIS

 Un film de Dario Argento

Avec Michael Brandon, Mimsy Farmer, Jean-Pierre Marielle

Italie, 1h45, 1971, visa 38683

Le musicien Roberto Tobias (Michael Brandon), un batteur officiant dans un groupe de rock, est harcelé par un homme mystérieux qui ne cesse de le suivre. Décidant un soir de le prendre en chasse, Roberto réussit à le rejoindre mais au cours de la dispute qui s’ensuit, il le tue accidentellement… Le tout sous l’objectif d’un appareil photo tenu par un second inconnu, quant à lui masqué…

Dernier volet de la trilogie animale débutée avec L’Oiseau au plumage de cristalet poursuivie avec Le Chat à neuf queues, Quatre mouches de velours grisest l’un des films les moins connus d’Argento. Voici un giallo sombre, ponctué de personnages humoristiques, qu’il s’agisse de Bud Spencer ou de Jean-Pierre Marielle qui apparaît sous les traits d’un détective homosexuel dont le record consiste à n’avoir jamais résolu la moindre enquête. Avec le couple formé par Michael Brandon et Mimsy Farmer, l’héroïne deMore, Argento fait vibrer ici une note plus intime et dramatique qui deviendra l’un des leitmotivs de son cinéma.

 

 TENEBRES

 Un film de Dario Argento

Avec John Saxon, Anthony Franciosa, Daria Nicolodi

Italie, 1h50, 1982, visa  56814

Un célèbre écrivain, Peter Neal, auteur de romans policiers, est invité à Rome pour faire la promotion de son nouvel opus, Ténèbres. Dès son arrivée, plusieurs personnes sont assassinées selon un schéma comparable à celui des meurtres qui jalonnent son roman.

Voici sans doute le film le plus violent de son auteur, le plus dur mais aussi le plus radical. Réalisé en 1982, Ténèbres marque le retour de Dario Argento au giallo, après deux échappées belles vers l’ésotérisme et le fantastique (Suspiriaet Inferno, deux premiers volets d’une trilogie des Mères achevée en 2007 avec La Terza Madre). Argento, alors au sommet de son art, signe un film rageur, désespéré, un chef-d’œuvre brutal et angoissant.

À l’origine de ce cauchemar climatisé rythmé par les ritournelles entêtantes des Goblin, une expérience vécue par Argento lui-même qui, lors d’un séjour à Los Angeles, fut harcelé par un aficionado dérangé. Un film de terreur pour adultes qui, encore aujourd’hui, a peu d’équivalent dans l’histoire du cinéma.

 

 DARIO ARGENTO,SOUPIRS DANS UN CORIDOR LOINTAIN

 Un film de Jean-Baptiste Thoret

France, Documentaire, 1h37, 2019 , Couleur/noir et blanc

 Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointaincale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail (on le découvre sur le tournage du Sang des innocents), ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

 

Rétrospective Lucio Fulci Le poète du macabre

 

RÉTROSPECTIVE LUCIO FULCI EN 4 FILMS : LE POÈTE DU MACABRE

Version restaurée

SORTIE LE 17 JUILLET

 

Perversion Story (Una Sull’altra) – 1969 – France, Italie, Espagne – 1h50 -Visa : 35368

Avec Jean Sorel, John Ireland, Elsa Martinelli

A San Francisco, un médecin dont la femme est morte après une longue maladie remarque dans un cabaret une strip-teaseuse qui lui ressemble étrangement.

 

Le venin de la peur (Una lucertola con la pelle di donna) – 1971 – Italie – 1h42 – Visa : 38271

Avec Florinda Bolkan, Stanley Baker, Jean Sorel

Carol Hammond (Florinda Bolkan), fille d’un célèbre avocat, est la victime d’hallucinations étranges où elle imagine des orgies sexuelles sous LSD organisées par sa voisine, la belle Julia Durer (Anita Strindberg), une actrice à la vie sulfureuse et débridée. A la mort de cette dernière dans des conditions mystérieuses, Carole voit son monde s’écrouler et les mains de la police se refermer sur elle. Arrivera-t-elle à contenir sa folie et ses désirs sexuels insatisfaits ?

 

La longue nuit de l’exorcisme ( Non si sevizia un paperino) – 1972 – Italie – 1h49 – Visa : 45402

Avec Tomás Milián, Barbara Bouchet, Florinda Bolkan

Début des années 70, dans le sud de l’Italie, un petit village de montagne est plongé dans la terreur : de jeunes garçons se font mystérieusement assassiner et la police semble avoir du mal à identifier le meurtrier. Les pistes sont nombreuses, mais aucune ne semble réellement aboutir. La tension monte au sein de cette petite communauté et les habitants commencent à désigner des coupables. Pendant ce temps, les crimes odieux continuent.

 

L’EMMURÉE VIVANTE (Sette note in nero) – 1977 – Italie – 1h40 – Visa : 49149

Avec Jennifer O’Neill, Gabriele Ferzetti, Marc Porel

Virginia Ducci a des prémonitions. Elle sait que l’un des murs de la maison de son défunt mari abrite un cadavre. Avec l’aide d’un spécialiste en paranormal, elle explore la bâtisse en ruines et ne tarde pas à découvrir un squelette. Mettre au jour ce terrible secret va s’avérer un geste funeste pour Virginia.

 

Perversion story

 

Le Venin de la peur

 

La longue nuit de l’exorcisme

 

L’emmurée vivante

 

D’abord étudiant en médecine, Fulci bifurque vers le cinéma en entrant au Centre Expérimental de Cinéma de Rome où il a comme enseignants Antonioni ou Visconti. Il sort diplômé la même année que Nanni Loy, Maselli et Bolognini et débute dans le métier comme assistant réalisateur avant d’œuvrer comme scénariste. Il écrit beaucoup de comédies, collaborant notamment avec Bolognini, Monicelli, Stephano Vanzina et surtout Steno avec qui il travaille sur plus d’une quinzaine de films. Il écrit régulièrement pour Sordi (Un Americano a Roma) et Toto qui interprète le rôle principal de son premier long en tant que réalisateur, I Ladri, en 1959.

Devenu cinéaste, Fulci aborde durant les années 60 tous les genres populaires : comédies (dont treize films avec Franco & Ciccio, duo slapstick préféré des italiens dans les 60’s), musicarelli, drame historique (Liens d’amour et de sang en 1969), aventure, western (l’excellent Temps du massacre en 1966)…

C’est en passant au polar mâtiné de giallo (Perversion Story en 1969, Le Venin de la peur en 1971, La Longue nuit de l’exorcisme en 1972) qu’il commence véritablement à installer son style. Il n’abandonne pas pour autant les autres genres et continue à signer dans les années 70 westerns (4 de l’apocalypse en 1975 où il retrouve Thomas Milian, Sella d’argento en 1978), comédies (Young Dracula et Obsédé malgré lui, satire politique qui manque de se faire interdire par le gouvernement italien) et films policiers (l’ultraviolent Guerre des gangs en 1980). Mais c’est dans l’horreur que Fulci va être reconnu. D’abord avec L’Enfer des zombies (1979), grand succès public, puis avec la trilogie FrayeursL’Au-delà et La Maison près du cimetière.

Fulci sort des radars au milieu des années 80 et se retrouve à signer des films à tout petits budgets qui prennent la forme de copies en mode mineur de ses réussites fantastiques (AenigmaManhattan Baby) ou qui se glissent dans le sillon de succès du box-office (Conquest, 2072 les mercenaires du futur). Une carrière en déclin mais qui recèle encore de beaux restes, pas forcément des films dans leur entier mais des éclats oniriques et morbides qui rappellent qu’il était « Le plus grand poète du macabre » selon les mots de Pierre Pattin.

DVD Classik

 

 

 

Rétrospective Dario Argento en 5 films

VERSION RESTAURÉE 

SORTIE LE 27 JUIN – Rétrospective Dario Argento

TOUS LES FILMS DE LA RETROSPECTIVE SONT INTERDITS AUX MOINS DE 12 ANS

 

Fascinant réalisateur italien depuis un demi-siècle, Dario Argento est le maître emblématique et incontesté du Giallo, thriller à l’esthétique baroque et expressionniste, où la peur évolue vers le fantastique et l’horreur.

Magicien de la pure sensation, Dario Argento transcende le film de genre en lardant ses oeuvres de références esthétiques, psychanalytiques, érotiques et fétichistes.

Ses fans à travers le monde savent que l’on ne sort pas indemne de la vision de ses oeuvres, embarqués par la singularité de ses images et de sa bande son, hard-rock ou techno-hypnotique s’il le faut, au delà de la frontière entre le réel et le fantastique, projeté dans le surnaturel.

La sortie de cinq films emblématiques de son univers nous plonge dans la quête éperdue d’une vérité toujours impossible à cerner, dans cette « inquiétante étrangeté » chère à ses maîtres, Freud et Hitchcock.

 

L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL

 Italie, 1970, 1h32 – Visa 37143

Avec Tony Musante, Suzy Kendall, Enrico Maria Salerno, Eva Renzi

Sam Dalmas, un écrivain américain de passage à Rome assiste à l’agression d’une jeune femme. Déclaré témoin oculaire par la police, Dalmas décide d’effectuer ses propres recherches.

« Alors qu’il vient de co-écrire avec Bernardo Bertolucci l’histoire de Il était une fois dans l’ouestde Sergio Leone, le jeune Dario Argento signe son premier film. Coup de tonnerre dans le ciel du thriller transalpin et acte de naissance fracassant de l’un des futurs maitres du cinéma de la peur, L’oiseau au plumage de cristalpopularise un genre, le giallo, né en 1924 sous la forme de romans de gare et dont Mario Bava avec La fille qui en savait trop et Six femmes pour l’assassinen 1964, a forgé les codes cinématographiques. L’oiseauporte déjà toutes les traces du futur réalisateur de Suspiria dont un soin inégalable apporté à la beauté formelle. Mis en musique par Ennio Morricone , L’oiseau au plumage de cristalmarque également les débuts de Vittorio Storaro, le futur chef opérateur d’Apocalyspe Now et du Dernier tango à Paris. »Jean-Baptiste Thoret

 

LE CHAT À NEUF QUEUES

 Italie, 1971, 1h52 – Visa 37641

Avec James Franciscus, Karl Malden, Catherine Spaak

Le reporter Carlo Giordanni et Franco Arno, un ancien journaliste devenu aveugle, enquêtent sur le meurtre d’un membre de l’institut Terzi, spécialisé dans la recherche génétique et les prédispositions chromosomiques à la violence.

« Deuxième volet de sa trilogie animale débutée un an plus tôt avec L’oiseau au plumage de cristal,Dario Argento signe avec Le chat à neuf queuesune variation réjouissante autour des codes du giallo, en même temps qu’il rend hommage à l’horreur gothique italienne dans une fameuse séquence de cimetière brumeux. Autour d’une intrigue riche en énigmes et en chausse-trappes, Argento affûte son style. Tourné en cinemascope et doté d’un casting international (James Franciscus, sorti des Évadés de la planète des singes, et Karl MaLden, vedette cathodique des Rues de San Franciscoet second couteau deja confirmé du cinéma hollywoodien), le deuxième film d’Argento fait enfin de la famille et de la filiation, l’origine de tous les maux et des pathologies criminelles. »Jean-Baptiste Thoret

 

SUSPIRIA

Italie, 1977, 1h35 – Visa 47387

Avec  Jessica Harper, Stefania Casini, Flavio Bucci

Une jeune ballerine américaine arrive dans la prestigieuse académie de dans de Fribourg afin d’y parfaire sa technique. A peine arrivée, l’atmosphère du lieu, étrange et inquiétante, surprend la jeune fille. Et c’est là qu’une jeune élève est spectaculairement assassinée…

« Dario Argento réalise sa version gore et sous acide de Blanche-Neige et les sept nains, soit un conte sanglant aux éclairages surréalistes et aux scènes de violence paroxystiques, proches du Grand-Guignol et de la transe vaudou. Suspiriademeure une des expériences cinématographiques qui s’apparentent le plus à un cauchemar, en raison de la rupture volontaire du cinéaste avec la logique narrative et l’agressivité inouïe de ses images, et ressemble davantage à un opéra rock psychédélique qu’à un film d’horreur traditionnel. Chez Argento, cinéaste de la surface, la profondeur (psychologique ou visuelle) n’existe pas. »Olivier Père

 

 PHENOMENA

Italie, 1984, 1h49 – Visa 60170

Avec Jennifer Connelly, Donald Pleasence, Daria Nicolodi

Jennifer Corvino se rend en Suisse afin de poursuivre ses études au sein d’un établissement scolaire privé. Un soir, lors d’une crise de somnanbulisme, la jeune fille assiste au meurtre d’une étudiante.

« Phenomena marque un tournant dans la carrière du cinéaste italien, qui puise comme à son habitude dans le cinéma expressionniste et les productions de Val Lewton (une scène entière est calquée sur l’introduction de La Malédiction des hommes-chats), mais délaisse les outrances baroques et sanglantes de Suspiria ou Ténèbres et oriente son film du côté de Lewis Carroll et du conte de fées. Sa frêle héroïne, qui possède la beauté lunaire de Jennifer Connelly (découverte par Argento dans le film de son ami Sergio Leone Il était une fois en Amérique), traverse en somnambule un univers terrifiant peuplé d’humains monstrueux et d’animaux bienveillants. Argento compose avec les éléments naturels (l’eau, le vent, la nuit, la forêt) un fascinant jeu de piste onirique, traversé de pièges, d’énigmes visuelles et d’instants magiques. » Olivier Père

 

 OPÉRA

Italie, 1987, 1h47, Inédit au cinéma

Avec Cristina Marsillach, Ian Charleson, Urbano Bareberini, Daria  Nicolodi

Suite à l’accident de la cantatrice principale, une jeune chanteuse lyrique, Betty, est choisie pour interpréter le rôle de Lady Macbeth dans l’opéra de Verdi, œuvre ayant la réputation de porter malheur. Commence une série de meurtres dans l’entourage de la jeune femme qui se voit poursuivie par un mystérieux fan possessif.

« Inédit au cinéma, le film est sorti à l époque dans une copie tronquée en VHS en France. DansOpéra,  l’un des chefs d’œuvres oublié de Dario Argento,  le réalisateur fait preuve d’une incroyable virtuosité dans sa mise en scène et d’un sadisme sans retenue lors des nombreuses scènes de meurtres qui parsèment le film.Ponctué par les envolées lyriques de la musique de Claudio Simonetti (Goblins), photographié par Ronnie Taylor (Gandhi) et scénarisé par Franco Ferini (Il était une fois en Amérique), Opéra est une œuvre maudite et puissante, maltraitée par ses producteurs, qu’il est enfin possible de découvrir au cinéma en version intégrale restaurée, validée par le Maestro. »

 

Les frissons de l’angoisse


(Profondo Rosso)

Un film de Dario Argento

Avec David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia

Italie, 1975, 2h06

Visa 47354

VERSION RESTAURÉE 4K

SORTIE LE 27 JUIN

INTERDICTION AUX MOINS DE 12 ANS

Pianiste de jazz américain installé à Turin, Marc Daly assiste un soir au meurtre de Helga Ullman, une célèbre parapsychologue de passage en Italie. Il tente de lui porter secours, mais en vain. Déclaré témoin oculaire et lui-même victime d’une tentative d’assassinat, il décide de mener l’enquête en compagnie d’une journaliste, tandis que les meurtres se multiplient.

 

 Un chef d’œuvre du triller horrifique incontournable signé par le Maestro Dario Argento, en version intégrale et restaurée.

 

Mise en scène oppressante, scénario labyrinthique, musique lancinante: Dario Argento met nos nerfs à rude épreuve avec ce chef-d’œuvre du thriller horrifique, à la mise en scène baroque dans la grande tradition du « giallo » italien

 « Après trois thrillers à succès qui relancèrent la mode du film à suspens en Italie – les fameux « gialli » – Dario Argento décide de tourner une intrigue policière où les explications rationnelles et psychanalytiques seraient occultées par la folie, l’horreur et le fantastique, dans une mise en scène déchaînée. Il choisit pour cadre Turin, capitale européenne de la magie noire. Les Frissons de l’angoissedemeure l’un des meilleurs films d’Argento et un chef-d’œuvre du cinéma d’épouvante moderne mais c’est avant tout une expérience esthétique hors du commun.

Dans Les Frissons de l’angoisse, Argento prend ses distances avec la notion de réalisme, et même de narration cinématographique classique. Les séquences nocturnes, les plages silencieuses ou musicales, les meurtres sanglants, filmés comme des rituels sadiques annoncent les futurs sabbats psychédéliques de Suspiriaet Inferno. Argento systématise aussi son recours aux inserts macroscopiques sur des objets et fétiches, filmés avec une caméra spéciale, qui symbolisent la psyché perverse du tueur lors de séquences autonomes et musicales.

Argento imagine un monde entre fantasme et cauchemar où le rock hard et répétitif des Goblins, la peinture métaphysique de De Chirico, les tableaux d’Edward Hopper et l’architecture turinoise sont convoqués pour créer un opéra visuel et sonore qui propose en outre une approche sémiologique des images. Argento, cinéaste cinéphile, en s’inspirant de Blow Upd’Antonioni, délivre une pensée intuitive sur l’art, l’illusion et la réalité. Dès son premier giallo, L’Oiseau au plumagede cristal, Argento s’imposait en virtuose maniériste de la peur. Cinéphile, il jouait déjà avec la croyance du spectateur dans les images, en faussant les perspectives et les points de vue.

Argento, avec son approche instinctive du cinéma, n’en demeure pas moins un cinéaste plasticien. Dans ses films la résolution de l’énigme se dissimule toujours dans un élément de décor, un miroir, un tableau, un motif de papier peint ou même une image imprimée sur la rétine. Une image cache une autre image, une surface neutre et plate peut contenir un terrifiant secret. Les Frissons de l’angoisseen offre la démonstration la plus brillante, avec une idée géniale sur laquelle s’ouvre et se referme le film. Les sens du spectateur sont trompés en même temps que ceux du personnage principal. Ce sont souvent d’œuvres d’art, manifestations extérieures d’un inconscient tourmenté, que jaillissent littéralement les pulsions mortelles dans les films d’Argento.

La version intégrale des Frissons de l’angoisse, longtemps invisible en France, est plus longue d’environ trente minutes. Chez nous le film avait été sévèrement tronqué par le distributeur qui l’avait transformé en petit film d’horreur incohérent. Le montage italien restitue les visions du cinéaste dans toute leur splendeur baroque, mais aussi des intermèdes humoristiques où le musicien et la journaliste, détectives en goguette, s’étrillent sur le thème du féminisme, écho lointain de la « screwball comedy » hollywoodienne. »

Olivier Père

 

Les Recrues

(La commare secca)

Un film de Bernardo Bertolucci

D’après une histoire de Pier Paolo Pasolini

Avec Francesco Ruiu, Giancarlo de Rosa, Vincenzo Ciccora

Italie, 1962, 1H33,

Visa: 38243

VERSION RESTAURÉE 

AU CINÉMA LE 13 FÉVRIER

 

Une prostituée a été tuée dans un parc romain. La police interroge toutes les personnes présentes dans le parc cette nuit-là.

Parmi elles, se trouve l’assassin.

 

« La Commare secca (« la mort »), sorti en France sous le titre Les Recrues, est un film-poème sur la mort au travail. Ce coup d’essai, sur un sujet de Pasolini, évite le mimétisme pasolinien, malgré la similitude des lieux et des thèmes (les quartiers populaires de Rome, un fait divers sordide poussé vers la tragédie), car le jeune Bernardo remplace le goût du sacré de PPP par son amour profane du cinéma. » OLIVIER PÈRE

 

 

 

L’enfer dans la ville

L’ENFER DANS LA VILLE

(Nella citta’ l’inferno)

Un film de Renato Castellani

Avec Anna Magnani, Giulietta Masina , Alberto Sordi,Renato Salvatori

Italie, 1958, 1H36,

Visa: 21229

VERSION INTÉGRALE RESTAURÉE INÉDITE

SORTIE LE 9 JANVIER 2019

Lina (Giuletta Masina), une jeune fille naïve, est injustement accusée de complicité de cambriolage dans la maison bourgeoise où elle travaille comme bonne, victime de la manipulation de l’homme dont elle est amoureuse.

Elle est alors jetée en prison où elle fait la connaissance d’Egle (Anna Magnani), une habituée des lieux qui la prend sous son aile…

L’Enfer dans la ville (1958), dixième long métrage du scénariste et réalisateur Renato Castellani, qui se déroule dans l’agitation ahurissante de l’ancienne prison de femmes de Mantellate est adapté du roman verité d’Isa Mari : Roma, Via delle Mantellate, et basé sur une documentation minutieuse du réalisateur et de son scénariste Suso Cecci d’Amico, partis à la rencontre de détenus et assistants à de multiples procès.

Initialement, le film devait être composé intégralement de non-professionnels mais la production proposa Anna Magnani et Giulietta Masina dans les deux rôles principaux. Les deux personnalités les plus en vue de la scène cinématographique italienne de l’époque, couronnées de prix internationaux prestigieux, entourées ici d’un groupe d actrices amateurs, y compris d’authentiques anciennes détenues.Cette chronique sombre  met en valeur le tandem d’actrices exceptionnelles que sont  Anna Magnani et Giulietta Masina, respectivement révélées dans Rome ville ouverte, de Roberto Rossellini, et dans La Strada, de Federico Fellini.

Toutes deux jouent là une partition magistrale, et Anna Magnani crève littéralement l’écran dans un rôle débridé, aux effets d’un comique irrésistible et parfois déchirant, qui lui a valu le prestigieux prix « David Di Donatello ».

 

Lina Borsani (Giulietta Masina), domestique d’une maison bourgeoise de Rome, se retrouve sous les verrous, injustement accusée de complicité de vol dans la villa de ses employeurs.Dans le quotidien effroyable de l’univers carcéral, cette jeune femme naïve fraîchement débarquée de sa campagne, se retrouve sous la protection d’Egle (Anna Magnani), une femme des rues, forte, dure et cynique, dont toutes les détenues redoutent les frasques.

Les trajectoires inversées des deux protagonistes se révèlent à ce titre très intéressantes, toutes deux transformées respectivement dans le rapport qu’elles entretiennent l’une à l’autre.Tandis que la pureté de Lina sera bouleversée par son expérience carcérale et sa rencontre avec Egle et qu’elle en ressortira solide et radicalement changée, le personnage d’Anna Magnani s’effondrera peu à peu, dans l’enfer de la prison, sa sensibilité ranimée par une troisième figure féminine, la toute jeune Marietta dont elle cherchera à préserver l’innocence.

 

Renato Castellani construit son film dans le microcosme d’un pénitencier et autour de ses dynamiques conflictuelles dont il en fait l’enjeu dramatique, révélant la confrontation qui anime ses personnages, d’autant plus que la rivalité des deux actrices Anna Magnani et Giulietta Masina sur le tournage déborde dans le film, leurs désaccords et leur mésentente transposés sur le plateau. En effet, la haine et la colère d’ Anna Magnani envers Giulietta Masina, explose à l’écran, rendant l’interprétation encore plus puissante et authentique. Guilietta  Masina déclara d’ailleurs à ce propos : «  Je devais jouer le rôle principal, mais à la fin, j’étais presque anéantie. Ce n’est pas un film de Castellani, c’est un film de Magnani ».Renato Castellani se souvenant lui aussi qu’« Anna Magnani est entrée dans le film avec la voracité d’un lion ».

D’ailleurs, en raison de la tension montante entre les comédiennes, il ne fut plus possible pour les deux protagonistes de partager le même cadre.

 

L’enfer dans la ville est un film sur le destin et l’amertume, mal être d’un temps et des conditions de détention difficiles et toujours irrésolues, un cri barbare de liberté qui s’échappe de l’enfer intérieur de la prison d’une ville.Une histoire extraordinaire composé de peu d’humanité et de misère quotidienne dans un contexte de violence manifeste et de sentiments contradictoires.

 

Le film, est présenté pour la première fois dans sa version intégrale et inédite. En effet, le film est sorti à l’époque dans une version mutilée de 10 minutes et le montage final, non approuvé par le réalisateur, a été retravaillé avec l’inversion de certaines scènes, afin de permettre un « Happy end ».Cette version Director’s cut, rend enfin hommage au montage original souhaité par le réalisateur Renato Castellani.

 

 

 

 

Le célibataire


Un film de Antonio Pietrangeli

Avec Alberto Sordi, Nino Manfredi, Sandra Milo

Italie, 1955, 1H30, DCP

Visa:19272

EN VERSION RESTAURÉE 2K

SORTIE LE 5 SEPTEMBRE 2018

Paolo Anselmi est un homme célibataire et heureux.Il vit dans un appartement avec un ami, mais il est forcé de partir lorsque ce dernier se marrie. Il emménage alors dans une pension, où il fait la connaissance d’une jeune femme qu’il courtise. Mais il se défile lorsqu’elle lui propose un mariage. Alors qu’il rend visite à sa mère, Paolo se rend compte que celle-ci cherche aussi à jouer les entremetteuses…

 

 

Après un premier film placé sous les auspices du néoréalisme et d’une attention inédite envers la condition féminine, Antonio Pietrangeli s’attaque à un nouveau registreavec Le Célibataire, comédie spécialement conçue pour Alberto Sordi, déjà grande stardu comique italien. À l’inquiétude du regard porté sur le parcours de Celestina (Irene Galter) dans l’Italie d’après-guerre (Du Soleil dans les yeux, 1953), se substitue la force satirique du portrait de Paolo Anselmi (Alberto Sordi), célibataire hédoniste et fanfaron. Analysant le mouvement de libéralisation des mœurs dans l’Italie de la reconstruction depuis un point de vue désormais masculin, Le Célibataire constitue une preuve éclatante de la capacité de la comédie de mœurs à mettre en scène les angoisses qui accompagnent les transformations de la société italienne.

Loin d’oublier son passé de critique et l’engagement qui caractérisait ses revendications pour un cinéma réaliste tout au long des années 1940, Pietrangeli trouve dans la comédie l’occasion d’approfondir son analyse des rapports entre les sexes, et de s’inscrire de façon originale dans le renouveau du comique italien. À partir du Célibataire, il inaugure ainsi une collaboration féconde avec les scénaristes Ruggero Maccari et Ettore Scola, dont l’écriture satirique alimentera d’autres comédies commeLe Cocu magnifique (1964)et Annonces matrimoniales (1964), à travers lesquelles Pietrangeli apparaît comme l’un des principaux cinéastes à s’être intéressé aux ambiguïtés de la condition masculine dans l’Italie du miracle économique. Dans Le Célibataire, il sait tirer profit de la spécificité du jeu d’Alberto Sordi et de sa gestuelle nerveuse, pour faire de son agitation et de sa logorrhée le signe d’une angoisse existentielle : Paolo Anselmi est envahi de tics nerveux, et ne cesse de se toucher les cheveux ou de se regarder dans le miroir, comme pour s’assurer de sa propre existence. Derrière la cruauté de son comportement avec les femmes et sa mesquinerie, se révèle progressivement la misère de son existence solitaire dans la pension où il dû poser bagages après le mariage de son colocataire. Ses fanfaronnades de célibataire libertin créent ainsi un écart grotesque avec une réalité qu’il assume de plus en plus difficilement : le soir, pour exorciser son angoisse nocturne, il s’adresse à lui-même comme un enfant qui a peur du noir.Le personnage incarné parAlberto Sordi provoque ainsi un rire plus empathique que cruel ; son parcours révèle le pathétique d’un mode de vie qui n’est choisi qu’en apparence, peut-être par incapacité à s’adapter à une existence conventionnelle, mais sans doute aussi parce que tout ce qu’il rencontre autour de lui n’est qu’une solitude masquée de joie. C’est ce que suggère son rapport aux femmes, au sein des multiples relations esquissées : elles ne sont jamais considérées comme de véritables promesses de bonheur. Parce qu’il illustre la capacité de Pietrangeli à recomposer les genres au profit d’une interrogation existentielle subtile, Le Célibataireannonce la spécificité du registre de la comédie « à l’italienne », où le rire évoque souvent les situations les plus dramatiques. Le masque comique que Paolo Anselmi oppose préfigure déjà celui du personnage d’Adriana, dans le mélodrame Je la connaissais bien (1965).

Esther Hallé