IDA LUPINO Rétrospective

 

 

IDA LUPINO

RÉTROSPECTIVE EN 4 FILMS 

VERSIONS RESTAURÉES 

SORTIE LE 30 SEPTEMBRE 2020

 

Not Wanted ( Avant de t’aimer)

Etats-Unis, 1949, 1h31

Avec Sally Forrest , Keefe Brasselle , Leo Penn

Une jeune fille est arrêtée suite à un vol de bébé. Dans sa cellule, elle évoque son passé…

« Avec émotion et pudeur, ce film sur une fille-mère sort les rôles féminins de l’habituel romanesque hollywoodien. »

 

NEVER FEAR (Faire face)

Etats-Unis, 1949, 1h21,

Avec Sally Forrest, Keefe Brasselle, Hugh O’Brian

Après un travail acharné, une jeune danseuse touche à la consécration. Brusquement malade et paralysée, elle est forcée de renoncer à son métier…

« Sans mélodrame ni triomphalisme, une charge émotionnelle exceptionnelle. »

 

 

THE HITCH-HIKER (Le Voyage de la peur)

Etats-Unis, 1953, 1h11

Avec Edmond O’Brien ,Frank Lovejoy , William Talman

Un tueur en série se fait prendre en stop par deux amis partis pêcher. Le voyage de l’angoisse commence…

« Après plusieurs films sociaux, Ida Lupino réalise le premier film noir signé par une femme. »

 

The Bigamist ( Bigamie)

Etats-Unis, 1953, 1h23

Avec Joan Fontaine , Ida Lupino,, Edmund Gwenn

Un couple sans enfant demande à adopter. Mais l’enquête préalable met à jour la vie secrète du mari…

« Un des films préférés d’Ida Lupino, d’une étonnante modernité, dans lequel elle joue aux côtés de Joan Fontaine. »

 

Pionnière du cinéma indépendant américain, l’auteure du Voyage de la peur joua d’abord la comédie chez Raoul Walsh, Nicholas Ray, Robert Aldrich ou Fritz Lang, avant de s’imposer en tant que réalisatrice dans un milieu dirigé exclusivement par des hommes. Entre 1949 et 1953, elle réalise six films à fleur de peau sur les pires tabous de l’époque : le viol, l’adultère, la maladie …

Une redécouverte en quatre films de la grande cinéaste indépendante, engagée et féministe, IDA LUPINO, dont l’oeuvre majeure reste encore rare et méconnue, dont The Bigamist et Never fear, inédits au cinéma en France.

Rétrospective en 4 films de la pionnière du cinéma américain indépendant, un hommage à Ida Lupino, l’un des plus beaux secrets cachés de l’histoire du cinéma américain.

 

BABYLON

 

 

BABYLON

 

Un film de FRANCO ROSSO

Avec Brinsley Forde, Karl Howman , Trevor Laird , Maggie Steed , Mel Smith

 

Angleterre, 1980, 1h35, Couleur

 

INÉDIT AU CINÉMA

 

SORTIE LE 14 OCTOBRE 2020

 

VERSION RESTAURÉE 2 K

 

SYNOPSIS:

Campé par le chanteur du groupe Aswad Brinsley Forde, le jeune rasta Blue est perdu dans une société anglaise qui ne le comprend pas, pas plus qu’elle n’a réussi à assimiler sa vague d’immigration jamaïcaine depuis la décolonisation de l’île, en 1962.

Chômage, policiers racistes, voisins et patrons xénophobes. Une oppression permanente que Blue évacue au micro de son sound-system, une gigantesque sono faite maison, avec le rêve secret de devenir le “sound” le plus couru de Londres. Mais sur sa route se dresse un obstacle de taille : le King de cette scène, le redouté Jah Shaka (dans son propre rôle)…

 

À PROPOS

Scénarisé par Martin Stellman (Quadrophenia, 1979), Babylon conte la saga du petit mécano mélomane, louvoyant dans une Angleterre vendue à « Yard” comme un mirage aux rues pavées d’or. Fiction documentaire et sociale, ce film est un témoignage unique sur la scène des sound-system reggae.

Situé au début de l’ère thatchérienne, dans les quartiers pauvres du sud de Londres (Lewisham et Brixton),  Babylonest un film coup de poing sur la réalité du racisme au quotidien, et sur la situation de la communauté jamaïquaine, le tout sur fond de reggae.

Un film méconnu qui dépeint la vie et les tribulations d’une bande de jeunes afro-caribéens londoniens passionnés de reggae, privés de droit à cause de leur couleur de peau, dans une Angleterre en crise, raciste et violente.

Bande originale exceptionnelle, le film a en effet bénéficié de la présence au générique de Brinsley Forde, l’un des co-fondateurs du groupe de reggae Aswad qui signe une bonne partie de la bande son, mais également du DJ Jah Shaka dans son propre rôle.

 

Un film-culte à découvrir, controversé et interdit en Angleterre et aux Etats-Unis depuis 39 ans car jugé incitant à la haine raciale, jusqu’à sa récente restauration.

BABYLON est également resté inédit au cinéma en France.

A découvrir d’urgence !

 

 

« Un film inestimable enfin montré presque quarante ans après son avant-première cannoise. »

THE HOLLYWOOD REPORTER

 

« Telle la musique reggae qui le rythme et la vie quotidienne des jeunes noirs Londoniens qu’il dépeint, Babylonest effrayant, touchant, violent et drôle. Ce film est un puissant mélange de douleur et de plaisir qui vous explose au ventre. »

VARIETY

« Babylon est plus qu’un témoignage sur la musique ou sur la conception du monde du reggae, il incarne une éthique de la musique.  Il ressemble à une chanson, se balançant entre le paradis et l’enfer, livrant un message à travers des ondes sonores qui traversent les corps. »

THE NEW YORKER

 

 « Une version Jamaïcano-Britanique de Mean streetsde Scorsese. Ce film vivifiant, accompagné d’une musique incroyable et d’un message puissant, est devenu culte  pour les jamaïcains et les rastas à travers le monde. »

HYPERALLERGIC

 

 » Avec son irrésistible bande son reggae dub dansant, une mise en lumière de la culture underground du début des années 80 dans le sud de Londres. »

BFI

« Le film culte des années 80, considéré par beaucoup comme le meilleur film reggae anglais. »

ROLLING STONE

 

« Superbe, réel, dur et électrique, un des meilleurs films Anglais. »

THE SUNDAY TIMES

 

QUELLE JOIE DE VIVRE

 

 

QUELLE JOIE DE VIVRE

 

Un film de RENÉ CLÉMENT

Avec Alain Delon, Barbara Lass, Gino Cervi

 

France /Italie, 1961, 1h53, Noir &Blanc

Visa : 24091

 

SORTIE LE 5 AOUT 2020

VERSION RESTAURÉE 2K

 

SYNOPSIS:

Rome 1921. Ulysse (Alain Delon) et son ami Turidu (Giampiero Littera), libérés du service militaire, s’installent dans la capitale pour trouver un travail. Sans emploi, ils rallient les Chemises noires mussoliniennes, pour lesquelles ils doivent localiser une imprimerie de tracts antifascistes. Là, Ulysse y rencontre Franca (Barbara Lass), la fille de l’imprimeur. Pour la séduire, il se fait passer pour un légendaire terroriste anarchiste et se laisse prendre au jeu…

 

À PROPOS

Après avoir réalisé Plein soleil en 1960, René Clément travaille de nouveau avec les Italiens – pour la quatrième fois déjà, depuis Au-delà des grilles en 1948. Le cinéaste filme Alain Delon, son héros de Plein soleil : l’acteur vient de jouer pour Visconti dans Rocco et ses frères (1960) et poursuivra ensuite sa carrière italienne avec L’Éclipse d’Antonioni (1962) et Le Guépard de Visconti (1963).

René Clément s’entoure d’une équipe italienne et, reprenant les codes de la comédie bouffonne, il reconstitue habilement l’ambiance de l’époque, en la teintant d’une bonne humeur constante. Ce rire, toutefois, est au service d’une dénonciation et invite à la réflexion.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Italie, comme le reste de l’Europe, cherche à se reconstruire et à bâtir une société nouvelle. En 1922, avant que Mussolini n’accède au pouvoir, plusieurs partis politiques s’opposent, et si les anarchistes souhaitent une paix authentique, les fascistes, quant à eux, veulent une paix armée. Le film se situe ainsi à une période charnière de l’histoire italienne et montre comment un individu sans conviction peut passer d’un extrême à l’autre, par inconscience et par amour.

 

« Avec une légèreté non dénuée de gravité, [René Clément] réalise un film sur la liberté, l’oppression, l’engagement, et la bouffonnerie de certaines situations ne masque pas le caractère crucial du moment : cet été 1922, à la veille de la marche sur Rome. De fait, les fascistes ne sont pas seulement ridicules, ils sont surtout inquiétants, eux qui parient sur les attentats pour rétablir l’ordre et conduire le pays dans une voie sans issue. Ainsi la joie de vivre tourne court, les portes de la prison qui se referment enserrent autant les protagonistes du film que les spectateurs qui les regardent. Comme le dit Clément, pour être libre, « il faut du génie ou de l’héroïsme ». »

Jean A. Gili, Positif n°612, février 2012

 

 

L’EQUILIBRIO

 

 

L’EQUILIBRIO

Un film de VINCENZO MARRA

 

Avec  MIMMO BORRELLI  ROBERTO DEL GAUDIO  GIUSEPPE D’AMBROSIO

AUTILIA RANIERI LUCIO GIANNETTI  FRANCESCA ZAZZERA

 

Italie, 2017, 1h30, Couleur

 

SORTIE LE  25 DÉCEMBRE 2019

 

 FESTIVALS

Mostra Internazionale di Venezia 2017 – Venice days

Busan International Film Festival 2017

BFI London Film Festival  2017

Sao Paulo International Film Festival 2017

 

SYNOPSIS:

Ancien missionnaire en Afrique, le père Giuseppe se fait transférer dans une petite ville près de Naples. Il y remplace le curé local, Don Antonio, dont le charisme et le combat contre l’élimination illégale de déchets toxiques lui ont valu le respect de la communauté. Giuseppe se révèle un digne successeur, luttant contre toutes sortes d’injustices, mais celui-ci se heurte rapidement à la dure réalité locale…

 

BIOGRAPHIE

Vincenzo Marra né à Naples, tourne en 2001 son premier long métrage sur la vie de quatre pécheurs Tornando a casa qui lui vaut un important succès. Apprécié par la critique, il reçoit de nombreuses récompenses notamment au Festival de Venise et à la Semaine de la critique à Cannes.

Il revient à un style plus journalistique avec la réalisation de deux documentaires, Estranei alla massa et Paesaggio a sud (2003). Vento di terra, son second long métrage raconte la vie d’Enzo, jeune napolitain qui doit prendre en charge sa famille après la mort de son père. Le film a entre autres été sélectionné à Venise et à la semaine de la Critique à Cannes.

 

 FILMOGRAPHIE

1998 – Una Rosa Prego

1999- La Vestizione (Turin Film Festival)

2001 – Tornando a Casa(Venise “Settimana Internazionale Della Critica”)

2003 – Paesaggio a Sud  (Venice Festival  ”Nuovi Territori »)

2004 – Vento di Terra( Venice Festival 2004 Orizzonti section/ Festival de Cannes – Semaine de la Critique / Premiers Plan D’Angers)

2005- 58%(Locarno Festival Concorso Internazionale Doc 2005)

2006

La Piazza (Locarno Festival – Special Event)

L’udienza è Aperta(Venice Festival /Toronto Festival)

2007 – L’ora di Punta (Venice Festival 2007 / Toronto Festival Contemporary World Cinema)

2008 – Il Grande Progetto (Turin Film Festival 2008 Concorso Doc)

2012- Il Gemello(Giornate degli Autori-Venice days)

2013- L’Amministratore (Rome Film Festival)

2014 – Ponts de Sarajevo(Sélection oficielle Festival de Cannes)

2015 – La Prima Luce  (« Giornate degli Autori-Venice Days »)

 

 

NOTES DU RÉALISATEUR

« J’ai commencé le cinéma il y a 20 ans et depuis, je rêvais de faire un film sur la religion, un film sur un voyage spirituel, un voyage christique à travers le monde réel,  semé de métaphores et d’allégories.

J’ai d’abord pensé que le documentaire aurait pu être le meilleur moyen de le faire.

D’après mon expérience, j’ai fait face à la réalité des banlieues de mon pays et l’ai scrupuleusement étudiée.

Mes recherches se sont arrêtées sur cette partie du territoire dénommée « Terre des feux » et sur les prêtres qui vivent et travaillent dans cette zone.

La réalité s’est avérée bien pire que ce à quoi je m’attendais.

J’ai été confronté à leurs contradictions, leurs souffrances, à leur vie et à leur mort.

J’ai rencontré des prêtres de la communauté locale et, plus important encore, j’ai vu  et entendu des choses qui ne peuvent pas être filmées par une caméra documentaire, ce qui m’a amené à changer d’avis.

C’est ainsi qu’est née l’idée du film « l’équilibre », basée sur le conflit idéologique qui marque la vie de deux prêtres réagissant chacun de manière différente.

D’un côté, Don Antonio est de bonne foi et s’efforce de préserver la bonne humeur de la population locale; il est obligé de parvenir à un compromis avec sa conscience et avec la réalité dans laquelle il vit.

Don Giuseppe, par contre, ne peut pas « fermer les yeux ». Son éducation, son inclination personnelle et sa conscience ne le lui permettent pas.

Le film parle d’un dilemme: quel est le bon choix à faire dans un pays qui a été « abandonné »?. »

Vincenzo Marra

         

                                            

 

 

Black Journal

 

 

GRAN BOLLITO

Un film de MAURO BOLOGNINI

Avec Shelley Winters, Max von Sydow, Mario Scaccia, Renato Pozzetto.

Italie, 1977, 1H55

 

INÉDIT AU CINÉMA

SORTIE LE 6 NOVEMBRE

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une femme assassine sauvagement ses amies et les transforme en savon, avant de reprendre le cours de sa vie.

 

Inspiré d’un fait divers authentique, l’affaire Leonarda Cianciulli, la « saponificatrice de Correggio »  dans lequel  une mégère assassine ses voisines pour conjurer le mauvais sort et fabrique du savon avec leurs corps. Pour donner la réplique à Shelley Winters en furie vengeresse, les rôles des victimes sont tenus par des hommes travestis (Max Von Sydow, Renato Pozzetto, Alberto Lionello) dans une inspiration baroque assez surprenante.

 

« Entre comédie noire et film d’horreur à la sauce Bolognini…. Black Journal  est un régal. »

 

 

 

 

 

Dario Argento, soupirs dans un corridor lointain

DARIO ARGENTO, SOUPIRS DANS UN CORRIDOR LOINTAIN

 Un film de Jean-Baptiste Thoret

 

France, Documentaire, 2019,  1h37, Couleur/noir et blanc, Vostfr, Format : 2.35

 

AU CINÉMA LE 3 JUILLET

 

Ecrit par Jean-Baptiste Thoret. Image : Laurent Brunet. Musique originale: Jean-Baptiste Thoret. Montage : Paul Gauthier/David Parra Braceli. Production : Aqua Alta /Les Films du Camélia / Ciné +

 

Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointaincale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail (on le découvre sur le tournage du Sang des innocents), ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

 

Né en 1969 à Paris, Jean-Baptiste Thoret est réalisateur et historien du cinéma. En 2017, il réalise Blew It, sélectionné au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Ancien critique de cinéma (Charlie Hebdo, France Inter, France Culture), il est l’auteur d’une douzaine de livres sur le cinéma, parmi lesquels Le Cinéma américain des années 1970, Dario Argento, magicien de la peuret Michael Cimino, les voix perdues de l’Amérique. Il dirige la collection Make My Daychez Studio Canal.

 

Filmographie

2016 : En ligne de mire (TV).

2017 : We Blew It.

2018 : 86 Printemps, Jean-Luc Godard.

2019 : Dario Argento, soupirs dans un corridor lointain.

 

Le professeur

 

 

Un film de VALERIO ZURLINI

Avec Alain Delon, Sonia Petrovna, Léa Massari, Alida Valli, Renato Salvatori, Giancarlo Giannini

 

Italie/France, 1972, 2h07, DCP

Visa : 39684

VERSION  INTÉGRALE INÉDITE

RESTAURATION 4K

SORTIE LE 12 JUIN

Daniel, un professeur de littérature remplaçant est nommé pour quelques mois dans un lycée de Rimini. Passionné de lettres mais peu soucieux des convenances de sa profession, il s’adonne à sa tâche sans grand entrain.
Il remarque vite Vanina, l’une de ses élèves, aussi fragile qu’attirante, et décèle en elle une blessure secrète.
Intrigué et séduit par la jeune femme, Daniel délaisse sa femme Monica, se précipitant sans le savoir vers un destin tragique…

 

« Un drame passionnel superbe et envoutant »

 

 

Dans ce film d’amour hanté par l’échec, Alain Delon tient l’un de ses plus beaux rôles. Dans un Rimini brumeux, il déambule, mal rasé et dissimule une douleur derrière un regard froid. Un descendant moderne de la famille du Guépard de Visconti : aristocrate déchu et désappointé, professeur sans illusions dans une société qu’il ne comprend plus.

 

Disperata

  UN FILM DE EDOARDO WINSPEARE

 

Avec Gustavo Caputo, Antonio Carluccio, Claudio Giangreco, Celeste Casciaro, Davide Riso

Italie, 2017, 1h50, DCP

 

SORTIE LE 24 AVRIL

MOSTRA DE  VENISE 2017

 

À Disperata, un village abandonné au fin fond des Pouilles dans le sud de l’Italie et dont le nom est déjà un triste présage, le maire, au tempérament mélancolique, ne se sent pas à la hauteur de son rôle. Il doit faire face à l’opposition pugnace d’affairistes qui voudraient bétonner le front de mer.

Seule sa passion pour la poésie et la littérature lui apporte du réconfort jusqu’à sa rencontre avec deux frères, minables malfrats, joyeux malandrins, qui à leur manière aideront le maire à se ressaisir.

« Disperata, le village où la tragédie ne peut que devenir comédie ! 

 

 

NOTES DU RÉALISATEUR

Disperata est l’histoire d’une amitié hors du commun entre deux petits délinquants et un homme attentionné, timide et dépassé par son travail de maire de la ville de Disperata.Cette relation insolite révèlera la renaissance de l’esprit communautaire du village.Le titre a en fait une double signification: politique et sociale.

Le mot « comune » est un nom qui désigne l’endroit où se réunit le gouvernementlocal de la petite ville Salentine de Disperata. Par ailleurs, « comune » est aussi un adjectif qui décrit la vie en commun partagée par une communauté où la ville devient le véritable protagoniste du film dans lequel les personnages principaux nous guident dans leurs tentatives maladroites de réaliser des projets «fondamentaux» ensemble.

J’ignore si je dois décrire ce film comme un drame au ton léger ou une comédie aux accents tragiques. Je préfère y voir une histoire racontée par des voix collectives où les personnages croient fermement, malheureusement parfois, en ce qu’ils font.

Disperata ne cherche pas à séduire le spectateur par des quolibets ou des gags, et jamais ce que l’on nomme « les perdants » n’est  tourné en dérision.Le film évite d’être malveillant ou critique et tente de plonger le spectateur dans un monde à la fois réel et féerique en racontant l’histoire d’un groupe de personnages qui, bien que fantaisistes, sont également crédibles comme habitants d’une petite ville du sud-est de l’Italie.

La ville de Disperata est située dans le fin fond de l’Italie, où la distance qui la sépare des centres de pouvoir crée des personnages originaux sans  «  fonction ».Les ambitions et les rêves des différents personnages partagés entre ceux qui désirent  devenir les chefs de gang de l’une des villes les plus pauvres des Pouilles, ceux qui souhaitent sensibiliser les détenus à la poésie, d’autres qui veulent devenir matons ou encore ceux qui attendent anxieusement un appel du pape pour construire désespérément un zoo, sont le reflet d’une vision de la vie où ces derniers ne sont pas les héros légendaires plébiscités par le monde entier.

A travers leur histoire, nous découvrons que ces rêveurs sont des prophètes qui annoncent quelque chose qui arrivera.Ce film c’est donc aussi l’histoire de prophètes tristes et négligés, envahis de craintes et de fragilité.

Le village de Disperata existe, il s’appelle « Depressa » et c’est la ville où j’ai grandi. Son nom est un présage, il parle de lui-même. L’air que vous respirez dans ce village, ressenti dans le film, est celui d’un lieu éloigné du monde, une sorte d’Amérique du Sud méditerranéenne qui ne manque ni de mérites ni des défauts d’une ville italienne : un sens profond de l’humanité, mais aussi une forte fragmentation politique, un manque d’esprit communautaire et une religiosité non critique.

Les sentiments qui accompagnent les personnages sont très chaleureux, voir tendres, empreints d’une ironie affectueuse. Il n’existe pas de héros anti-mafia ni d’escrocs méprisables, mais plutôt des hommes et des femmes pleins de contradictions.Le paradoxe de ce film provient du fait que la profanation du pouvoir politique et du pouvoir religieux n’est pas issu de la satire, mais de la redécouverte du caractère sacré du bien public et de la spiritualité.Bien que cette histoire décrive la manière dont la politique en Italie est souvent une compétition entre factions et comment chacun de nous est déchiré par des préjugés idéologiques et sociaux, le ton n’est pas amer – si je puis dire, c’est poétique, la vie de ces personnages rêveurs est la poésie elle-même.

Nous sommes La vita in comune(La vie en commun),des gens misérables et généreux, lorsque nous décidons de faire partie d’une communauté, essayant peut-être même de rêver…

Edoardo Winspeare

 

 FILMOGRAPHIE

 Edoardo Winspeare est né le 14 septembre 1965.

Depuis 1987, il travaille dans le cinéma, d’abord comme étudiant à la Hochschule für Film und Fernsehende Munich (école de Wenders, Edel, Reitz, Kaurismaki, Emmerich, Petersen et Henkel von Donnersmark), puis comme réalisateur de films et documentaires, courts métrages, clips vidéo et publicité.

En 1995, Pizzicataest présenté au Festival du film de Berlin. Il rencontre un grand succès à l’étranger, notamment en France et aux États-Unis, ainsi que dans les 26 pays où il est distribué.

En 2000,Live Blood (Sangue Vivo)est lauréat du Festival du film de Saint-Sébastien(Nuevos Directores), reçoit 4 Grolle d’oro, et il s’agit surtout du premier film italien présenté au Festival de Sundance.

En 2002, Il Miracolo (Le miracle) est sélectionné au Festival international du film de Venise.

En 2007, Galantuomini est montré au Festival du film de Rome.

En 2009, le documentaire Sotto il Celio Azzurroest présenté au Festival du film de Rome.

En 2014, Quiet Bliss (In Grazia di Dio) est sélectionné au Festival du film de Berlin. Il rencontre un grand succès en Italie et à l’étranger.

 

Rétrospective Dario Argento – Partie 2

SORTIE LE 3 JUILLET 

 

4 MOUCHES DE VELOURS GRIS

 Un film de Dario Argento

Avec Michael Brandon, Mimsy Farmer, Jean-Pierre Marielle

Italie, 1h45, 1971, visa 38683

Le musicien Roberto Tobias (Michael Brandon), un batteur officiant dans un groupe de rock, est harcelé par un homme mystérieux qui ne cesse de le suivre. Décidant un soir de le prendre en chasse, Roberto réussit à le rejoindre mais au cours de la dispute qui s’ensuit, il le tue accidentellement… Le tout sous l’objectif d’un appareil photo tenu par un second inconnu, quant à lui masqué…

Dernier volet de la trilogie animale débutée avec L’Oiseau au plumage de cristalet poursuivie avec Le Chat à neuf queues, Quatre mouches de velours grisest l’un des films les moins connus d’Argento. Voici un giallo sombre, ponctué de personnages humoristiques, qu’il s’agisse de Bud Spencer ou de Jean-Pierre Marielle qui apparaît sous les traits d’un détective homosexuel dont le record consiste à n’avoir jamais résolu la moindre enquête. Avec le couple formé par Michael Brandon et Mimsy Farmer, l’héroïne deMore, Argento fait vibrer ici une note plus intime et dramatique qui deviendra l’un des leitmotivs de son cinéma.

 

 TENEBRES

 Un film de Dario Argento

Avec John Saxon, Anthony Franciosa, Daria Nicolodi

Italie, 1h50, 1982, visa  56814

Un célèbre écrivain, Peter Neal, auteur de romans policiers, est invité à Rome pour faire la promotion de son nouvel opus, Ténèbres. Dès son arrivée, plusieurs personnes sont assassinées selon un schéma comparable à celui des meurtres qui jalonnent son roman.

Voici sans doute le film le plus violent de son auteur, le plus dur mais aussi le plus radical. Réalisé en 1982, Ténèbres marque le retour de Dario Argento au giallo, après deux échappées belles vers l’ésotérisme et le fantastique (Suspiriaet Inferno, deux premiers volets d’une trilogie des Mères achevée en 2007 avec La Terza Madre). Argento, alors au sommet de son art, signe un film rageur, désespéré, un chef-d’œuvre brutal et angoissant.

À l’origine de ce cauchemar climatisé rythmé par les ritournelles entêtantes des Goblin, une expérience vécue par Argento lui-même qui, lors d’un séjour à Los Angeles, fut harcelé par un aficionado dérangé. Un film de terreur pour adultes qui, encore aujourd’hui, a peu d’équivalent dans l’histoire du cinéma.

 

 DARIO ARGENTO,SOUPIRS DANS UN CORIDOR LOINTAIN

 Un film de Jean-Baptiste Thoret

France, Documentaire, 1h37, 2019 , Couleur/noir et blanc

 Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointaincale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail (on le découvre sur le tournage du Sang des innocents), ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

 

Rétrospective Lucio Fulci Le poète du macabre

 

RÉTROSPECTIVE LUCIO FULCI EN 4 FILMS : LE POÈTE DU MACABRE

Version restaurée

SORTIE LE 17 JUILLET

 

Perversion Story (Una Sull’altra) – 1969 – France, Italie, Espagne – 1h50 -Visa : 35368

Avec Jean Sorel, John Ireland, Elsa Martinelli

A San Francisco, un médecin dont la femme est morte après une longue maladie remarque dans un cabaret une strip-teaseuse qui lui ressemble étrangement.

 

Le venin de la peur (Una lucertola con la pelle di donna) – 1971 – Italie – 1h42 – Visa : 38271

Avec Florinda Bolkan, Stanley Baker, Jean Sorel

Carol Hammond (Florinda Bolkan), fille d’un célèbre avocat, est la victime d’hallucinations étranges où elle imagine des orgies sexuelles sous LSD organisées par sa voisine, la belle Julia Durer (Anita Strindberg), une actrice à la vie sulfureuse et débridée. A la mort de cette dernière dans des conditions mystérieuses, Carole voit son monde s’écrouler et les mains de la police se refermer sur elle. Arrivera-t-elle à contenir sa folie et ses désirs sexuels insatisfaits ?

 

La longue nuit de l’exorcisme ( Non si sevizia un paperino) – 1972 – Italie – 1h49 – Visa : 45402

Avec Tomás Milián, Barbara Bouchet, Florinda Bolkan

Début des années 70, dans le sud de l’Italie, un petit village de montagne est plongé dans la terreur : de jeunes garçons se font mystérieusement assassiner et la police semble avoir du mal à identifier le meurtrier. Les pistes sont nombreuses, mais aucune ne semble réellement aboutir. La tension monte au sein de cette petite communauté et les habitants commencent à désigner des coupables. Pendant ce temps, les crimes odieux continuent.

 

L’EMMURÉE VIVANTE (Sette note in nero) – 1977 – Italie – 1h40 – Visa : 49149

Avec Jennifer O’Neill, Gabriele Ferzetti, Marc Porel

Virginia Ducci a des prémonitions. Elle sait que l’un des murs de la maison de son défunt mari abrite un cadavre. Avec l’aide d’un spécialiste en paranormal, elle explore la bâtisse en ruines et ne tarde pas à découvrir un squelette. Mettre au jour ce terrible secret va s’avérer un geste funeste pour Virginia.

 

Perversion story

 

Le Venin de la peur

 

La longue nuit de l’exorcisme

 

L’emmurée vivante

 

D’abord étudiant en médecine, Fulci bifurque vers le cinéma en entrant au Centre Expérimental de Cinéma de Rome où il a comme enseignants Antonioni ou Visconti. Il sort diplômé la même année que Nanni Loy, Maselli et Bolognini et débute dans le métier comme assistant réalisateur avant d’œuvrer comme scénariste. Il écrit beaucoup de comédies, collaborant notamment avec Bolognini, Monicelli, Stephano Vanzina et surtout Steno avec qui il travaille sur plus d’une quinzaine de films. Il écrit régulièrement pour Sordi (Un Americano a Roma) et Toto qui interprète le rôle principal de son premier long en tant que réalisateur, I Ladri, en 1959.

Devenu cinéaste, Fulci aborde durant les années 60 tous les genres populaires : comédies (dont treize films avec Franco & Ciccio, duo slapstick préféré des italiens dans les 60’s), musicarelli, drame historique (Liens d’amour et de sang en 1969), aventure, western (l’excellent Temps du massacre en 1966)…

C’est en passant au polar mâtiné de giallo (Perversion Story en 1969, Le Venin de la peur en 1971, La Longue nuit de l’exorcisme en 1972) qu’il commence véritablement à installer son style. Il n’abandonne pas pour autant les autres genres et continue à signer dans les années 70 westerns (4 de l’apocalypse en 1975 où il retrouve Thomas Milian, Sella d’argento en 1978), comédies (Young Dracula et Obsédé malgré lui, satire politique qui manque de se faire interdire par le gouvernement italien) et films policiers (l’ultraviolent Guerre des gangs en 1980). Mais c’est dans l’horreur que Fulci va être reconnu. D’abord avec L’Enfer des zombies (1979), grand succès public, puis avec la trilogie FrayeursL’Au-delà et La Maison près du cimetière.

Fulci sort des radars au milieu des années 80 et se retrouve à signer des films à tout petits budgets qui prennent la forme de copies en mode mineur de ses réussites fantastiques (AenigmaManhattan Baby) ou qui se glissent dans le sillon de succès du box-office (Conquest, 2072 les mercenaires du futur). Une carrière en déclin mais qui recèle encore de beaux restes, pas forcément des films dans leur entier mais des éclats oniriques et morbides qui rappellent qu’il était « Le plus grand poète du macabre » selon les mots de Pierre Pattin.

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