Le professeur

 

 

Un film de VALERIO ZURLINI

Avec Alain Delon, Sonia Petrovna, Léa Massari, Alida Valli, Renato Salvatori, Giancarlo Giannini

 

Italie/France, 1972, 2h07, DCP

Visa : 39684

VERSION  INTÉGRALE INÉDITE

RESTAURATION 4K

SORTIE LE 12 JUIN

Daniel, un professeur de littérature remplaçant est nommé pour quelques mois dans un lycée de Rimini. Passionné de lettres mais peu soucieux des convenances de sa profession, il s’adonne à sa tâche sans grand entrain.
Il remarque vite Vanina, l’une de ses élèves, aussi fragile qu’attirante, et décèle en elle une blessure secrète.
Intrigué et séduit par la jeune femme, Daniel délaisse sa femme Monica, se précipitant sans le savoir vers un destin tragique…

 

« Un drame passionnel superbe et envoutant »

 

 

Dans ce film d’amour hanté par l’échec, Alain Delon tient l’un de ses plus beaux rôles. Dans un Rimini brumeux, il déambule, mal rasé et dissimule une douleur derrière un regard froid. Un descendant moderne de la famille du Guépard de Visconti : aristocrate déchu et désappointé, professeur sans illusions dans une société qu’il ne comprend plus.

 

Rétrospective Dario Argento – Partie 2

SORTIE LE 3 JUILLET 

 

4 MOUCHES DE VELOURS GRIS

 Un film de Dario Argento

Avec Michael Brandon, Mimsy Farmer, Jean-Pierre Marielle

Italie, 1h45, 1971, visa 38683

Le musicien Roberto Tobias (Michael Brandon), un batteur officiant dans un groupe de rock, est harcelé par un homme mystérieux qui ne cesse de le suivre. Décidant un soir de le prendre en chasse, Roberto réussit à le rejoindre mais au cours de la dispute qui s’ensuit, il le tue accidentellement… Le tout sous l’objectif d’un appareil photo tenu par un second inconnu, quant à lui masqué…

Dernier volet de la trilogie animale débutée avec L’Oiseau au plumage de cristalet poursuivie avec Le Chat à neuf queues, Quatre mouches de velours grisest l’un des films les moins connus d’Argento. Voici un giallo sombre, ponctué de personnages humoristiques, qu’il s’agisse de Bud Spencer ou de Jean-Pierre Marielle qui apparaît sous les traits d’un détective homosexuel dont le record consiste à n’avoir jamais résolu la moindre enquête. Avec le couple formé par Michael Brandon et Mimsy Farmer, l’héroïne deMore, Argento fait vibrer ici une note plus intime et dramatique qui deviendra l’un des leitmotivs de son cinéma.

 

 TENEBRES

 Un film de Dario Argento

Avec John Saxon, Anthony Franciosa, Daria Nicolodi

Italie, 1h50, 1982, visa  56814

Un célèbre écrivain, Peter Neal, auteur de romans policiers, est invité à Rome pour faire la promotion de son nouvel opus, Ténèbres. Dès son arrivée, plusieurs personnes sont assassinées selon un schéma comparable à celui des meurtres qui jalonnent son roman.

Voici sans doute le film le plus violent de son auteur, le plus dur mais aussi le plus radical. Réalisé en 1982, Ténèbres marque le retour de Dario Argento au giallo, après deux échappées belles vers l’ésotérisme et le fantastique (Suspiriaet Inferno, deux premiers volets d’une trilogie des Mères achevée en 2007 avec La Terza Madre). Argento, alors au sommet de son art, signe un film rageur, désespéré, un chef-d’œuvre brutal et angoissant.

À l’origine de ce cauchemar climatisé rythmé par les ritournelles entêtantes des Goblin, une expérience vécue par Argento lui-même qui, lors d’un séjour à Los Angeles, fut harcelé par un aficionado dérangé. Un film de terreur pour adultes qui, encore aujourd’hui, a peu d’équivalent dans l’histoire du cinéma.

 

 DARIO ARGENTO,SOUPIRS DANS UN CORIDOR LOINTAIN

 Un film de Jean-Baptiste Thoret

France, Documentaire, 1h37, 2019 , Couleur/noir et blanc

 Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointaincale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail (on le découvre sur le tournage du Sang des innocents), ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

 

Rétrospective Lucio Fulci Le poète du macabre

 

RÉTROSPECTIVE LUCIO FULCI EN 4 FILMS : LE POÈTE DU MACABRE

Version restaurée

SORTIE LE 17 JUILLET

 

Perversion Story (Una Sull’altra) – 1969 – France, Italie, Espagne – 1h50 -Visa : 35368

Avec Jean Sorel, John Ireland, Elsa Martinelli

A San Francisco, un médecin dont la femme est morte après une longue maladie remarque dans un cabaret une strip-teaseuse qui lui ressemble étrangement.

 

Le venin de la peur (Una lucertola con la pelle di donna) – 1971 – Italie – 1h42 – Visa : 38271

Avec Florinda Bolkan, Stanley Baker, Jean Sorel

Carol Hammond (Florinda Bolkan), fille d’un célèbre avocat, est la victime d’hallucinations étranges où elle imagine des orgies sexuelles sous LSD organisées par sa voisine, la belle Julia Durer (Anita Strindberg), une actrice à la vie sulfureuse et débridée. A la mort de cette dernière dans des conditions mystérieuses, Carole voit son monde s’écrouler et les mains de la police se refermer sur elle. Arrivera-t-elle à contenir sa folie et ses désirs sexuels insatisfaits ?

 

La longue nuit de l’exorcisme ( Non si sevizia un paperino) – 1972 – Italie – 1h49 – Visa : 45402

Avec Tomás Milián, Barbara Bouchet, Florinda Bolkan

Début des années 70, dans le sud de l’Italie, un petit village de montagne est plongé dans la terreur : de jeunes garçons se font mystérieusement assassiner et la police semble avoir du mal à identifier le meurtrier. Les pistes sont nombreuses, mais aucune ne semble réellement aboutir. La tension monte au sein de cette petite communauté et les habitants commencent à désigner des coupables. Pendant ce temps, les crimes odieux continuent.

 

L’EMMURÉE VIVANTE (Sette note in nero) – 1977 – Italie – 1h40 – Visa : 49149

Avec Jennifer O’Neill, Gabriele Ferzetti, Marc Porel

Virginia Ducci a des prémonitions. Elle sait que l’un des murs de la maison de son défunt mari abrite un cadavre. Avec l’aide d’un spécialiste en paranormal, elle explore la bâtisse en ruines et ne tarde pas à découvrir un squelette. Mettre au jour ce terrible secret va s’avérer un geste funeste pour Virginia.

 

Perversion story

 

Le Venin de la peur

 

La longue nuit de l’exorcisme

 

L’emmurée vivante

 

D’abord étudiant en médecine, Fulci bifurque vers le cinéma en entrant au Centre Expérimental de Cinéma de Rome où il a comme enseignants Antonioni ou Visconti. Il sort diplômé la même année que Nanni Loy, Maselli et Bolognini et débute dans le métier comme assistant réalisateur avant d’œuvrer comme scénariste. Il écrit beaucoup de comédies, collaborant notamment avec Bolognini, Monicelli, Stephano Vanzina et surtout Steno avec qui il travaille sur plus d’une quinzaine de films. Il écrit régulièrement pour Sordi (Un Americano a Roma) et Toto qui interprète le rôle principal de son premier long en tant que réalisateur, I Ladri, en 1959.

Devenu cinéaste, Fulci aborde durant les années 60 tous les genres populaires : comédies (dont treize films avec Franco & Ciccio, duo slapstick préféré des italiens dans les 60’s), musicarelli, drame historique (Liens d’amour et de sang en 1969), aventure, western (l’excellent Temps du massacre en 1966)…

C’est en passant au polar mâtiné de giallo (Perversion Story en 1969, Le Venin de la peur en 1971, La Longue nuit de l’exorcisme en 1972) qu’il commence véritablement à installer son style. Il n’abandonne pas pour autant les autres genres et continue à signer dans les années 70 westerns (4 de l’apocalypse en 1975 où il retrouve Thomas Milian, Sella d’argento en 1978), comédies (Young Dracula et Obsédé malgré lui, satire politique qui manque de se faire interdire par le gouvernement italien) et films policiers (l’ultraviolent Guerre des gangs en 1980). Mais c’est dans l’horreur que Fulci va être reconnu. D’abord avec L’Enfer des zombies (1979), grand succès public, puis avec la trilogie FrayeursL’Au-delà et La Maison près du cimetière.

Fulci sort des radars au milieu des années 80 et se retrouve à signer des films à tout petits budgets qui prennent la forme de copies en mode mineur de ses réussites fantastiques (AenigmaManhattan Baby) ou qui se glissent dans le sillon de succès du box-office (Conquest, 2072 les mercenaires du futur). Une carrière en déclin mais qui recèle encore de beaux restes, pas forcément des films dans leur entier mais des éclats oniriques et morbides qui rappellent qu’il était « Le plus grand poète du macabre » selon les mots de Pierre Pattin.

DVD Classik

 

 

 

Rétrospective Hal Hartley The long Island Trilogy

RÉTROSPECTIVE HAL HARTLEY EN 3 FILMS

« THE LONG ISLAND TRILOGY »

Version restaurée 2K 

SORTIE LE 25 SEPTEMBRE

 

 The Unbelievable Truth (L’incroyable vérité) – 1989 – Visa : 81178

Avec Adrienne Shelly, Gary Sauer, Robert John Burke

Josh Hutton, suite à un séjour en prison pour meurtre, retourne dans son village natal. Il rencontre Audry, toute jeune fille avec laquelle il sympathise. Elle lui propose de travailler pour son père qui tient un garage. Excellent mecanicien, il l’embauche, mais il voit d’un mauvais oeil Josh tomber peu a peu sous le charme de sa fille.

 

 Trust Me (Trust)- 1990 – Visa : 79347

Avec Adrienne Shelly, Martin Donovan, Meritt Nelson

A travers les amours difficiles d’une adolescente rebelle  et d’un électronicien violent et cynique, Trust me se veut une comedie grincante sur l’Amérique profonde des classes moyennes.

 

Simple Men – 1992 – Visa : 80896 – Festival de Cannes 1992

Avec Robert John Burke, Bill Sage, Elina Löwensohn

Dennis et Bill McCabe sont deux frères totalement différents: si le premier est un étudiant timide, le second est un petit délinquant qui sort d’une relation compliquée ayant juré sa vengeance sur les femmes après que sa petite amie l’a quitté. Dennis propose à Bill de partir à la recherche de leur père, un révolutionnaire disparu une vingtaine d’années auparavant.

 

« Une voix essentielle dans le cinéma américain ». Austin

 

« Hal Hartley donne raison de croire à la complexité de la vie et à l’avenir du cinéma ».Time Magazine

 

« L’un des cinéastes américain  le plus créatif et le plus authentique ». New York Times

 

«  Hal Hartley est un cinéaste qui apparaît en Amérique seulement une ou deux fois par génération ».The Guardian

 

The Unbelievable Truth

Trust

Simple men

 

THE LONG ISLAND TRILOGY : LA NAISSANCE D’UN CINÉASTE CULTE

 

Après ses études cinématographiques à New York, Hal Hartley réalise son premier long métrage The Unbelievable Truth(1989), présenté au Festival de Toronto. En 1990, il signe Trust(Trust Me , sorti en France en 1992), son deuxième long métrage, primé dans de nombreux festivals internationaux, suivi en 1992 de Simple Men, qui est présenté en compétition officielle à Cannes.

Ces trois films constituent THE LONG ISLAND TROLOGYet marquent l’émergence d’un nouveau cinéma indépendant et la naissance d’un réalisateur américain des plus singuliers qui acquiert rapidement le statut d’un cinéaste culte, livrant des films hors norme et à contre courant du paysage cinématographique américain, loin de ses canons traditionnels. Dès son premier film, Hal Hartley devient un véritable phénomène, encensé par la critique et très bien accueilli par le public.Un ton unique, percutant et décalé imprègne ces films qui saisissent par leur  originalité. Le cinéma d’Hal Hartley, profondément américain, est influencé par le cinéma européen, s’inspirant notamment de la liberté de ton des œuvres de la Nouvelle Vague française.L’ensemble de ces trois films forme un univers cohérent, dont les héros sont issus de la working class américaine, et dont un esprit de troupe s’en dégage: ses acteurs fétiches reviennent de film en film, tels Martin Donovan, Adrienne Shelly, Robert Burke, ou encore Elina Löwensohn.

THE LONG ISLAND TRILOGY ou la naissance d’un nouveau cinéma américain avec sa ligne claire et ses cadrages obliques, son sens de la répartie vigoureuse et du dialogue, souvent de sourds, sa poétique du décalage et de la répétition, son humour pince-sans-rire et son burlesque à froid, ses chorégraphies d’outsiders, de parias et d’exilés intérieurs.Hal Hartley parle alors comme personne d’amour, de sexe, de religion, de famille, et du monde dans lequel nous vivons.

 

Hal Hartley  est un réalisateur américain dont la place et la trajectoire au sein du cinéma contemporain sont uniques.Uniques par leur style, leur force et leur originalité. Uniques, car il aura marqué toute une génération de cinéphiles  durant les années 90 avant de s’engager dans une voie toujours plus indépendante et à contre-courant de son époque, au risque de disparaître du système. Aujourd’hui  plus farouchement indépendant que jamais, Hartley  écrit, finance, réalise et distribue des œuvres toujours plus exigeantes et qui ne ressemblent à aucune autre.

Les chemins de la haute ville

LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE

ROOM AT THE TOP

 

Un film de Jack Clayton

Avec Laurence Harvey, Simone Signoret, Heather Sears

Angleterre, 1959, 1H58

Visa: 22179

 

VERSION RESTAURÉE 4K

SORTIE LE 16 OCTOBRE

 

«  Le film britannique le plus important des années 50. »

Georges Sadoul

 

Joe Lampton arrive dans une petite ville industrielle du Yorkshire avec l’ambition de gravir rapidement l’échelle sociale. Il décide ainsi d’entreprendre la conquête de Susan, la fille unique de l’homme le plus fortuné de la ville.C’est alors que Joe fait la connaissance d’Alice, une femme mariée qui devient sa maîtresse et avec qui il entretient une relation passionnée…

 

Festival de Cannes 1959Prix d’interprétation féminine

Bafta Awards 1959 : Meilleur Film, Meilleur film britannique et Meilleure Actrice

Golden Globes 1960 : Prix Samuel Goldwyn

Oscars 1960 :Oscar de la meilleure actrice–  Oscar du meilleur scénario adapté

 

 

« Les chemins de la haute ville surprend par le regard frontal que l’Anglais Jack Clayton posait en 1958 sur amour, sexe, argent. Le réalisateur filme comme jamais les scènes charnelles avec une tension érotique inédite, signifiant par ses partis pris et dans l’intrigue même, cette Angleterre changeante d’après-guerre, l’histoire se déroulant à la fin des années 40.

Le film tressaille de toutes les fibres physiques et mentales de son personnage, jeune homme ambitieux issu du prolétariat, bien décidé à faire un rapide saut de classe. Fraîchement débarqué dans une ville moyenne comme employé à la mairie, Joe Lampton ( Laurence Harvey) jette son dévolu sur Susan,  la fille du plus riche industriel de la ville, a priori inaccessible, cherchant à s’élever jusqu’à la haute société.

Loin de tout sentimentalisme et facilité bien-pensante sur la classe ouvrière,  Jack Clayton décrit un personnage complexe, idéaliste et cynique, tendre et féroce, aimable et détestable. Rien que de très banal, jusqu’à ce que le jeune homme croise Alice, bourgeoise mal mariée de dix ans son aînée, dont il découvre, ébloui, la tenace beaut ». Simone Signoret, qui fut oscarisée pour cette prestation, est au-delà de toutes les performances, à un moment où la femme et l’actrice ne font plus qu’une, sûre d’elle et de toutes les désillusions endurées.

Le regard océanique de Signoret dépasse et engloutit toutes les considérations de réussite, de possible ou d’impossible. Les cailloux que le jeune homme a semés sur le terrain mesquin des trafics sociaux ont pourtant atteint la taille d’énormes embûches barrant le chemin à l’amour fou. Il obtient au moment où il n’en veut surtout plus ce qu’il souhaitait si ardemment au début. Son désir d’hier assassine son désir d’aujourd’hui, ses velléités de la veille condamnent ses certitudes de demain. Le temps l’a piégé. Ne lui reste que le souvenir de l’extraordinaire visage de Signoret, son étrangeté insoumise, entre beauté, bonté et lucidité. »

Isabelle Potel 

JACK CLAYTON

 Les chemins de la haute ville(Room at the Top) est le film qui lance tardivement la brillante carrière de Jack Clayton. Ce premier film arrive alors qu’il officie au sein du cinéma anglais depuis 25 ans à divers postes : enfant acteur, garçon de course, monteur, puis assistant-réalisateur et producteur, avant de réaliser son premier court-métrage : The Bespoke Overcoat(1956) basé sur l’adaptation théâtrale (1953) que fit Wolf Mankowitz de la nouvelle de Nicolas Gogol, Le manteau(1842).

Ce galop d’essai est salué et obtiendra de nombreuses récompenses, lui permettant de réaliser Les Chemins de la haute ville,  un réquisitoire sévère contre le système de classe britannique, adapté d’un roman de John Braine paru en 1957, qui rencontre un immense succès public et critique et de nombreuses nominations (meilleur réalisateur  -meilleur film-meilleur acteur aux Oscars et nominé au Festival de Cannes) et récompenses, dont le Prix d’interprétation au Festival de Cannes(1959 ) et  l’oscar de la meilleure actrice(1960) pour Simone Signoret qui acquiert alors une réputation internationale, faisant d’elle la première française à obtenir ce prix.

Véritable succès populaire, le film marque un tournant dans le cinéma britannique.

Clayton poursuivit avec ce qui allait devenir un classique du cinéma fantastique : Les Innocents(The Innocents,1961), une histoire de fantômes tirée du roman de Henry James Le Tour d’écrou.

En 1964, Il réalise Le Mangeur de citrouilles(The Pumpkin Eater),  Chaque soir à neuf heures(Our Mother’s House, 1967), puis, sept ans plus tard, une grosse production américaine, l’adaptation éponyme du roman de Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique(The Great Gatsby, 1974).

The Lonely Passion of Judith Hearne, son dernier long-métrage (1987), valut à Clayton des critiques élogieuses.

 

 

 

Les Recrues

(La commare secca)

Un film de Bernardo Bertolucci

D’après une histoire de Pier Paolo Pasolini

Avec Francesco Ruiu, Giancarlo de Rosa, Vincenzo Ciccora

Italie, 1962, 1H33,

Visa: 38243

VERSION RESTAURÉE 

AU CINÉMA LE 13 FÉVRIER

 

Une prostituée a été tuée dans un parc romain. La police interroge toutes les personnes présentes dans le parc cette nuit-là.

Parmi elles, se trouve l’assassin.

 

« La Commare secca (« la mort »), sorti en France sous le titre Les Recrues, est un film-poème sur la mort au travail. Ce coup d’essai, sur un sujet de Pasolini, évite le mimétisme pasolinien, malgré la similitude des lieux et des thèmes (les quartiers populaires de Rome, un fait divers sordide poussé vers la tragédie), car le jeune Bernardo remplace le goût du sacré de PPP par son amour profane du cinéma. » OLIVIER PÈRE

 

 

 

L’enfer dans la ville

L’ENFER DANS LA VILLE

(Nella citta’ l’inferno)

Un film de Renato Castellani

Avec Anna Magnani, Giulietta Masina , Alberto Sordi,Renato Salvatori

Italie, 1958, 1H36,

Visa: 21229

VERSION INTÉGRALE RESTAURÉE INÉDITE

SORTIE LE 9 JANVIER 2019

Lina (Giuletta Masina), une jeune fille naïve, est injustement accusée de complicité de cambriolage dans la maison bourgeoise où elle travaille comme bonne, victime de la manipulation de l’homme dont elle est amoureuse.

Elle est alors jetée en prison où elle fait la connaissance d’Egle (Anna Magnani), une habituée des lieux qui la prend sous son aile…

L’Enfer dans la ville (1958), dixième long métrage du scénariste et réalisateur Renato Castellani, qui se déroule dans l’agitation ahurissante de l’ancienne prison de femmes de Mantellate est adapté du roman verité d’Isa Mari : Roma, Via delle Mantellate, et basé sur une documentation minutieuse du réalisateur et de son scénariste Suso Cecci d’Amico, partis à la rencontre de détenus et assistants à de multiples procès.

Initialement, le film devait être composé intégralement de non-professionnels mais la production proposa Anna Magnani et Giulietta Masina dans les deux rôles principaux. Les deux personnalités les plus en vue de la scène cinématographique italienne de l’époque, couronnées de prix internationaux prestigieux, entourées ici d’un groupe d actrices amateurs, y compris d’authentiques anciennes détenues.Cette chronique sombre  met en valeur le tandem d’actrices exceptionnelles que sont  Anna Magnani et Giulietta Masina, respectivement révélées dans Rome ville ouverte, de Roberto Rossellini, et dans La Strada, de Federico Fellini.

Toutes deux jouent là une partition magistrale, et Anna Magnani crève littéralement l’écran dans un rôle débridé, aux effets d’un comique irrésistible et parfois déchirant, qui lui a valu le prestigieux prix « David Di Donatello ».

 

Lina Borsani (Giulietta Masina), domestique d’une maison bourgeoise de Rome, se retrouve sous les verrous, injustement accusée de complicité de vol dans la villa de ses employeurs.Dans le quotidien effroyable de l’univers carcéral, cette jeune femme naïve fraîchement débarquée de sa campagne, se retrouve sous la protection d’Egle (Anna Magnani), une femme des rues, forte, dure et cynique, dont toutes les détenues redoutent les frasques.

Les trajectoires inversées des deux protagonistes se révèlent à ce titre très intéressantes, toutes deux transformées respectivement dans le rapport qu’elles entretiennent l’une à l’autre.Tandis que la pureté de Lina sera bouleversée par son expérience carcérale et sa rencontre avec Egle et qu’elle en ressortira solide et radicalement changée, le personnage d’Anna Magnani s’effondrera peu à peu, dans l’enfer de la prison, sa sensibilité ranimée par une troisième figure féminine, la toute jeune Marietta dont elle cherchera à préserver l’innocence.

 

Renato Castellani construit son film dans le microcosme d’un pénitencier et autour de ses dynamiques conflictuelles dont il en fait l’enjeu dramatique, révélant la confrontation qui anime ses personnages, d’autant plus que la rivalité des deux actrices Anna Magnani et Giulietta Masina sur le tournage déborde dans le film, leurs désaccords et leur mésentente transposés sur le plateau. En effet, la haine et la colère d’ Anna Magnani envers Giulietta Masina, explose à l’écran, rendant l’interprétation encore plus puissante et authentique. Guilietta  Masina déclara d’ailleurs à ce propos : «  Je devais jouer le rôle principal, mais à la fin, j’étais presque anéantie. Ce n’est pas un film de Castellani, c’est un film de Magnani ».Renato Castellani se souvenant lui aussi qu’« Anna Magnani est entrée dans le film avec la voracité d’un lion ».

D’ailleurs, en raison de la tension montante entre les comédiennes, il ne fut plus possible pour les deux protagonistes de partager le même cadre.

 

L’enfer dans la ville est un film sur le destin et l’amertume, mal être d’un temps et des conditions de détention difficiles et toujours irrésolues, un cri barbare de liberté qui s’échappe de l’enfer intérieur de la prison d’une ville.Une histoire extraordinaire composé de peu d’humanité et de misère quotidienne dans un contexte de violence manifeste et de sentiments contradictoires.

 

Le film, est présenté pour la première fois dans sa version intégrale et inédite. En effet, le film est sorti à l’époque dans une version mutilée de 10 minutes et le montage final, non approuvé par le réalisateur, a été retravaillé avec l’inversion de certaines scènes, afin de permettre un « Happy end ».Cette version Director’s cut, rend enfin hommage au montage original souhaité par le réalisateur Renato Castellani.

 

 

 

 

Divorce à l’Italienne


SORTIE LE 15 MAI

Un film de Pietro GERMI

Avec Marcello MASTROIANNI, Stefania SANDRELLI, Daniela ROCCA

Italie, 1962, 1h44,DCP

Visa:26167

VERSION RESTAURÉÉ 4K

Comment détourner la loi qui interdit le divorce quand on est amoureux d’une attrayante personne?

Apres avoir poussé l’encombrante épouse à l’adultère, il ne reste plus qu’à venger son honneur.

« Une réjouissante comédie cynique ».

Les Inrocks

 

DIVORCE A L’ITALIENNE (SOUS LE RIRE, LA TRAGEDIE …)

« Le divorce étant interdit en Italie, bien des drames s’y déroulent quotidiennement.  Dans le Sud, où les passions sont vives, les tribunaux sont indulgents pour les crimes passionnels. L’article 587 du Code pénal accorde de trois à sept ans de prison (avec possibilité de réduction de peine à celui des conjoints qui tue l’autre si celui-ci a failli aux lois de l’honneur conjugal).

C’est sur ce paradoxe d’une loi « pousse-au-crime » que Pietro Germi a bâti son premier film comique. Avec toutefois –et les Italiens ne s’y sont pas trompés- un brin d’amertume. Sous le rire déchaîné par les situations  burlesques inventées par Pietro Germi et ses scénaristes (Ennio de Concini et Alfredo Giannetti), on perçoit un drame profond et la volonté de changer une loi absurde qui ramène tout un peuple aux rites d’un Moyen Age dépassé. Si l’on connaît les ennuis publics et les tracasseries administratives administrés à Sophia Loren ou Roberto Rosselini, on sait peu de choses des tragédies qui ont lieu dans les quartiers populaires où l’on n’a pas les moyens financiers d’affronter l’hypocrisie des lois. D’où le succès énorme de ce film dans son pays d’origine. Ayant obtenu le prix de la meilleure comédie au Festival de Cannes, il est arrivé sur nos écrans précédé d’une flatteuse réputation. Celle-ci n’est pas usurpée. C’est bien le meilleur de Pietro Germi qui nous avait donné jusque là des œuvres attachantes, mais imparfaites (« Le Cheminot », « L’Homme de paille » etc…).

Marcello Mastroianni y campe un gentilhomme sicilien qui est las des assiduités de sa femme-épousée pour des raisons extra-amoureuse – et qui aimerait bien se marier avec l’une de ses nièces, adorable et à croquer. Mais pour se débarrasser de son abusive épouse il ne connaît qu’un moyen : le crime. Il faut donc que sa femme le trompe, afin qu’il puisse la tuer légalement. Etant donné sa situation très « honorable », le tribunal sera sans doute plus indulgent avec lui qu’avec une pauvresse qui tue son mari !… Et le meurtre réussit !

Passons sur les détails et  les rebondissements inattendus du scénario qui en font toute la valeur. Pietro Germi se montre maître dans la façon d’exposer une situation et de diriger des acteurs, tout comme la caméra de Léonida Barboni explore avec bonheur toutes les ressources du paysage sicilien et les décors baroques d’une propriété de famille. Incarnant le Baron Céfalu, Marcello Mastroianni abandonne les personnages tragiques qu’on lui a toujours fait jouer. Il s’est fait la paupière lourde, l’œil gourmand, la mine paresseuse de l’oisif. Impeccablement gominé, dans ses heures de gloire, ou hirsute et mal rasé dans ses périodes de découragement, il nous offre un festival de son talent. Daniela Rocca s’est enlaidie à souhait pour le personnage de l’épouse.

Un film amusant, bousculant  en souriant la « moralité » des films conformistes, « Divorce à l’italienne » est une belle réussite du cinéma transalpin.

Samuel LACHIZE – L’Humanité du 06/06/1962″

 

 

 

 

 

 

Le jardin des Finzi Contini

SORTIE EN VERSION RESTAURÉE 4K – DCP

SORTIE LE 22 JUILLET 2020

Un film de Vittorio DE SICA

Avec Dominique SANDA, Fabio TESTI, Romolo VALLI

Italie, 1970, 1H34, 35MM

 Visa: 38893

 

SYNOPSIS

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l’antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l’imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micol et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l’immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d’être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C’est ainsi que Giorgio a l’occasion de rencontrer la lointaine Micol et tombe peu à peu amoureux d’elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu’hors des murs, le pire se prépare…

 A PROPOS

« L’un des derniers films de Vittorio De Sica, l’un des premiers de Dominique Sanda, un film déchirant, adaptation inspirée  du célèbre et très beau roman éponyme de Giorgio Bassani, le grand écrivain de la ville de Ferrare (où naquirent aussi son ami Antonioni, Primo Levi et Chirico). Le Jardin des Finzi-Contini raconte, en pleine montée de l’antisémitisme en Italie, entre 1938 et 1942, la disparition progressive et annoncée d’une grande famille aristocratique juive de Ferrare qui refuse de voir la réalité en face. Les Finzi-Contini ne quittent jamais leur propriété, enfermés dans leurs privilèges, comme Sanda l’intemporelle s’ils n’y risquaient rien. Le film met aussi en scène les relations amoureuses-fraternelles entre la plus jeune des Finzi-Contini, Micòl (Dominique Sanda, sublime adolescente vénéneuse), et le héros, jeune bourgeois intellectuel juif. La nature du désir, douloureux, ambigu, qui unit les jeunes gens, porte la marque de Valerio Zurlini (La Fille à la valise, Le Professeur), qui a écrit ce scénario qu’il devait à l’origine tourner. »

LES INROCKS